Aller au contenu principal
Fermer

France/Nanterre-Les tensions restent vives après le décès de Nahel
information fournie par Reuters 29/06/2023 à 22:56

        * 
      Une marche blanche a réuni plus de 6.000 personnes à
Nanterre
    

        * 
      Des heurts ont éclaté en marge du cortège
    

        * 
      Le policier auteur du tir mis en examen pour homicide
volontaire
    

        * 
      Face au spectre des émeutes de 2005, le gouvernement se
mobilise
    

        * 
      Le dispositif policier va être multiplié par quatre pour
la
soirée
    

  
 (Actualisé avec incidents à Nanterre et Marseille, mère de
Nahel à la télévision, avocat du policier)
       PARIS, 29 juin (Reuters) - Une marche blanche à Nanterre
(Hauts-de-Seine) en hommage à Nahel, adolescent de 17 ans tué
par un policier, a rassemblé jeudi plusieurs milliers de
personnes dans le calme, avant que des heurts n'éclatent en
marge du cortège, témoignant des vives tensions qui demeurent
deux jours après le drame.  
    Depuis mardi et la mort de Nahel lors d'un contrôle routier,
une vague de violences a secoué plusieurs communes de la région
parisienne et les incidents se sont étendus la nuit dernière à
plusieurs autres villes de France, obligeant le gouvernement à
se mobiliser en bloc.
    Parmi les milliers de participants à la marche blanche -
6.200 selon la préfecture de police -, certains arboraient des
T-shirts blancs avec l'inscription "Justice pour Nahel".
    A l'arrivée du cortège devant la préfecture de Nanterre, des
échauffourées ont éclaté entre des manifestants et des forces de
l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Les pompiers
étaient mobilisés alors que du mobilier urbain a été incendié.
    Interviewée en début de soirée sur la chaîne France 5, la
mère de Nahel, Mounia M., a dit ne pas en vouloir à la police
dans son ensemble mais à "celui qui a enlevé la vie de mon
fils".
        "Il n'avait pas à tuer mon fils", a-t-elle insisté,
jugeant que les policiers avaient "d'autres moyens de faire
sortir" son fils de la voiture.
  
        "Une balle si près de son torse, non je ne peux pas
imaginer ça (...) Tuer des petits comme ça, ça va durer encore
combien de temps? Combien d'enfants vont partir? Combien de
mères vont être comme moi? Ils attendent quoi?", a-t-elle encore
demandé.
  
    De nouveaux incidents se sont déroulés en début de soirée
dans la cité Pablo Picasso de Nanterre, où une agence de la
banque Crédit Mutuel a notamment été incendiée, avant que le
calme ne revienne, selon des images diffusées à la télévision.
        
  
        GROS DISPOSITIF POLICIER
  
        Des violences ont également éclaté à Marseille, ville
qui avait été jusqu'alors épargnée, où quelques centaines de
personnes ont saccagé des restaurants et du mobilier urbain près
du Vieux-Port.
  
        Le gouvernement avait annoncé la mobilisation de 40.000
policiers et gendarmes pour la soirée de jeudi, dont 5.000 en
région parisienne, soit une multiplication par quatre du
dispositif policier déployé jusqu'à présent. 
    En Ile-de-France, les bus et trams se sont arrêtés à 21
heures. 
    Dans la matinée, Emmanuel Macron, qui avait réagi dès
mercredi au drame, a jugé les violences "injustifiables" et
appelé de nouveau au calme. 
    Le gouvernement redoute un embrasement similaire à celui de
2005 et des émeutes qui avaient touché les quartiers populaires
partout dans le pays à la suite de la mort, à Clichy-sous-Bois,
(Seine Saint Denis), de deux adolescents électrocutés à
l'intérieur d'un poste électrique alors qu'ils cherchaient à
échapper à un contrôle de police. 
    La Première ministre Elisabeth Borne, qui a annulé un
déplacement en Vendée, s'est rendue dans le Val-d'Oise, touché
par les violences, tandis que le ministre de la Justice, Eric
Dupond-Moretti, a visité le tribunal de proximité d'Asnières
(Hauts-de-Seine) incendié dans la nuit et la prison de Fresnes
(Val-de-Marne), également prise pour cible.   
        
        "HOMICIDE VOLONTAIRE"
  
    En déplacement dans le département du Nord, où des violences
ont aussi eu lieu, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a
assuré que "la réponse de l'Etat sera extrêmement ferme". 
    "Dès ce soir, il faut que chacun comprenne que l'ordre
public va être rétabli", a-t-il affirmé à la presse depuis
Tourcoing.
    Pour l'heure, le gouvernement exclut de déclencher l'état
d'urgence, un dispositif qui avait été lancé lors des émeutes de
2005. 
    Le drame a aussi connu un développement jeudi du point de
vue judiciaire avec la mise en examen et le placement en
détention provisoire du policier mis en cause. 
    "En l'état des investigations et des éléments recueillis, le
parquet considère que les conditions légales d'usage de l'arme
ne sont pas réunies", a déclaré le procureur Pascal Prache à
l'occasion d'une conférence de presse dans la matinée.
    Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et authentifiée
par Reuters montre deux policiers se tenant près d'une voiture à
l'arrêt, côté conducteur. L'un des deux met en joue le
conducteur et ouvre le feu lorsque ce dernier tente de démarrer.
        Interrogé sur BFM TV, l'avocat du policier qui a tiré,
Laurent-Franck Liénard, a déclaré que son client n'avait pas
voulu tuer l'adolescent mais avait voulu tirer "vers le bas"
pour tenter de l'arrêter et avait été bousculé à ce moment-là
par la voiture qui démarrait.
  
        Jugeant que le policier servait "de fusible pour calmer
les émeutiers", il a indiqué qu'il contesterait vendredi matin
son placement en détention provisoire.
  
        Le drame a relancé le débat sur l'usage des armes à feux
par les forces de l'ordre lors de refus d'obtempérer pendant des
contrôles routiers. Depuis 2017, la législation permet aux
forces de l'ordre d'utiliser leurs armes lorsque le conducteur
est susceptible, dans sa fuite, de mettre la vie d'autrui en
danger. 
  
        Dénonçant un "permis de tuer", la présidente du groupe
La France Insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, Mathilde
Panot, a annoncé jeudi le dépôt d'une proposition de loi pour
revenir sur cette législation.
  

 (Reportage Noemie Olive, Sarah Meysonnier, Antony Paone,
Stephanie Lecoq, Layli Foroudi, Dominique Vidalon et Juliette
Jabkhiro, avec Richard Lough; rédigé par Jean Terzian, Zhifan
Liu, Blandine Hénault et Tangi Salaün)

18 commentaires

  • 30 juin 07:08

    @chanonar si la France s'est enflammée c'est que le feu couvait un peu partout


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires